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La fin de vie constitue l’une des situations les plus sensibles auxquelles peuvent être confrontés les professionnels de santé. 

Pour les infirmiers libéraux, qui accompagnent régulièrement des patients atteints de maladies graves ou incurables à leur domicile, les questions autour de l’aide à mourir prennent une dimension particulière. La loi du 18 août 2026 relative au droit à l’aide à mourir a désormais inscrit ce droit dans le Code de la santé publique. Elle prévoit notamment qu’un infirmier puisse intervenir dans certaines étapes de la procédure, y compris à domicile.

Cette évolution ne modifie toutefois pas la mission fondamentale de l’IDEL : accompagner le patient, respecter sa volonté, assurer la continuité des soins et maintenir une relation fondée sur l’écoute et la confiance.

Aide à mourir : un nouveau cadre qui concerne directement les infirmiers

Le droit à l’aide à mourir concerne les personnes majeures remplissant plusieurs conditions définies par la loi, notamment être atteintes d’une affection grave et incurable engageant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale, présenter une souffrance liée à cette affection et être aptes à manifester leur volonté de façon libre et éclairée. L’évaluation de ces critères et la décision d’autoriser l’accès à l’aide à mourir font l’objet d’une évaluation médicale et d’une procédure collégiale.

L’IDEL n’a donc pas pour rôle de décider si un patient est éligible. En revanche, sa proximité avec la personne malade peut lui donner une place importante dans son accompagnement. À domicile, l’infirmier est souvent l’un des professionnels qui connaît le mieux le quotidien du patient, son évolution, ses difficultés et son environnement familial.

La loi prévoit également que l’administration de la substance létale puisse avoir lieu au domicile du patient, dans la résidence d’un proche, dans un établissement de santé ou dans une autre structure où exercent des professionnels de santé. Lorsque la personne est physiquement incapable de s’administrer elle-même la substance, celle-ci peut être administrée par un médecin ou un infirmier.

Cette possibilité place donc potentiellement l’infirmier libéral au cœur de l’accompagnement d’une fin de vie choisie à domicile.

Quel est concrètement le rôle de l’IDEL dans l’aide à mourir ?

Lorsqu’un infirmier accepte de participer à la procédure, ses responsabilités sont précisément encadrées. Avec le patient, il peut notamment convenir de la date et du lieu prévus pour l’administration. Le jour venu, le professionnel doit vérifier que la personne confirme toujours sa volonté et s’assurer qu’elle ne subit aucune pression de son entourage.


Selon la situation, l’infirmier peut préparer l’administration, surveiller l’auto-administration par le patient ou administrer lui-même la substance lorsque celui-ci n’est physiquement pas en mesure de le faire. Il doit également pouvoir intervenir en cas de difficulté, assurer la traçabilité des actes réalisés et restituer les produits éventuellement non utilisés.

Pour l’IDEL, ce rôle ne se limite cependant pas au geste. Son accompagnement reste essentiel avant et autour de la procédure : écouter les inquiétudes du patient, repérer une éventuelle évolution de sa volonté, communiquer avec le médecin et les autres professionnels, accompagner les proches et continuer à assurer les soins nécessaires.


La loi reconnaît par ailleurs une clause de conscience. Un infirmier n’est donc pas obligé de participer à une procédure d’aide à mourir. S’il refuse, il doit en informer sans délai la personne ou le professionnel qui le sollicite et communiquer les coordonnées de professionnels disposés à intervenir.


Enfin, même si le cadre légal est désormais adopté, certaines modalités pratiques doivent encore être précisées, notamment par des décrets et par les recommandations de bonnes pratiques relatives aux substances utilisées et aux conditions de leur administration.


Avec la reconnaissance du droit à l’aide à mourir, la place de l’infirmier libéral dans l’accompagnement de la fin de vie évolue. L’IDEL peut désormais être amené à participer directement à certaines étapes de la procédure et, dans des circonstances précises, à administrer la substance au patient.


Son rôle reste néanmoins celui d’un professionnel de santé accompagnant une personne dans une situation particulièrement vulnérable. Écoute, respect du choix du patient, vigilance face aux pressions extérieures, coordination avec l’équipe médicale et respect de ses propres convictions professionnelles deviennent alors essentiels.


Pour les IDEL, connaître précisément ce nouveau cadre juridique et les futures recommandations professionnelles sera indispensable afin d’aborder ces situations avec sécurité et discernement.


Pour accompagner l’évolution des pratiques et actualiser leurs connaissances, les infirmiers libéraux peuvent se former tout au long de leur carrière. AFCOPIL propose différentes formations dédiées aux IDEL, autour de la prise en charge des patients, de la réglementation et des enjeux du quotidien professionnel.

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